Comment concilier performance et qualité des prestations dans les ESSMS ?

Pour les évaluations internes « pas question d’attendre les échéances calendaires »

A la tête de l’ARS d’une région riche en établissements et services sociaux et médico-sociaux, Michel Laforcade explique les premiers mois de cette instance à peine installée. Premiers mois qui ouvrent une nouvelle forme de collaboration sur le terrain associatif et fixent ce que le directeur général du Limousin appelle des « priorités ».

Michel Laforcade, colloque GecacQuelques mois après l’installation de l’ARS, quel premier bilan pouvez-vous tirer sur les relations avec les associations de votre territoire ?
« Je crois que l’on peut dire qu’il y a une grande proximité entre l’ARS et les associations. Nous sommes dans une région où les associations sont fortement implantées ; nous avons d’ailleurs le ratio d’établissements le plus élevé de France. »

Les associations se disent inquiètes et soucieuses de ce que leur ARS pourra leur demander, dans l’immédiat et à l’avenir, comment abordez-vous cela ?
« J’ai reçu les associations individuellement et je suis aussi allé sur le terrain. Ce qui a permis d’engager le dialogue. Dans un premier temps il s’agit de présenter les actions que nous voulons mener. « 


Quels sont les missions et les objectifs de l’ARS sur votre territoire ?
« Nous voulons fonctionner en question de priorité. Par conséquent, nous avons d’abord permettre le regroupement, la fédération dans le but de mutualiser les centres de ressources, les moyens ou la recherche de marchés. Pour cela, nous sommes là pour donner des conseils, proposer de la formation, assurer des suivis. D’une manière générale, je pense qu’il est quand même plus facile d’obtenir davantage de moyens en se fédérant  plutôt qu’en se dispersant. Par exemple, nous travaillons actuellement sur les outils pour organiser le démarchage au profit des Esat.
Nous aurons à cœur aussi de veiller à ce qu’il y ait une grande rigueur financière. Nous voulons que, comme dans le domaine hospitalier, il n’y ait pas un euro de déficit. On ne peut dépenser que ce que l’on a. Pour finir, nous voulons une réactivation du travail sur la bientraitance. »

Avez-vous le sentiment que les moyens financiers et les compétences humaines suivront pour remplir ces missions et objectifs ?
« Il n’y a pas de raison que l’on n’ait  pas les moyens si on se les donne. Les principes que nous défendons auprès des acteurs du médico-social nous nous les appliquons à nous-mêmes. D’un point de vue humain, nous avons des salariés qui pour 80% sont issus de la fonction publique d’Etat. Ce sont donc des personnes qui ont été formées initialement pour le sanitaire et le médico-social. »

Concernant l’évaluation interne / externe : l’ARS va-t-elle étudier tous les rapports d’évaluation ?
« Nous tenons à ce que les évaluations internes soient menées au mieux dans les établissements et services. Il n’est pas question d’attendre les échéances calendaires officielles. Nous voulons impulser les choses et effectivement, les rapports d’évaluations seront suivis et lus. Il faut donc un étalement pour ne pas se laisser ensevelir. Dans le Limousin, nous avons décidé d’une montée en puissance du travail en ce sens. Nous veillerons à ce que les recommandations soient appliquées y compris, dans une certaine mesure, sur la question des pratiques professionnelles. Nous sommes là pour aider à construire un référentiel car Angélique est un élément mais ça ne fait pas tout. Cela peut se faire sous la forme de rendez-vous avec nos salariés, de formation ou autres. Le 26 novembre par exemple, nous prévoyons réunir les établissements médico-sociaux. Là encore, nous allons, dans le même temps, essayer d’initier des systèmes de regroupement. Il est plus facile de se regrouper pour embaucher un ou plusieurs salariés à temps plein qui sont vraiment en capacité de mener des évaluations internes que de faire cela chacun de son côté.
Par conséquent, nous entendons bien suivre de près ce travail d’anticipation sur les bonnes pratiques bien avant les évaluations externes. Car moi, ce qui m’inquiète, c’est le nombre d’évaluateurs externes. Quand je vois que l’on a déjà donné 577 habilitations, je crains pour les compétences réelles de certains d’entre eux. »

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