Comment concilier performance quantitative et qualité de la prise en charge dans les ESSMS ?

Jean-Louis Garcia : « Il y a un vrai combat politique à mener »

En plein travail pour la réorganisation de la Fédération Apajh suite à la création des ARS, Jean-Louis Garcia en réunion, mercredi 13 octobre, à Montluçon, a accepté de livrer à bâtons rompus son sentiment sur des questions en droite ligne de notre colloque.

Jean-Louis Garcia sera présent à la conférence organisée par le Gecac Lorsque l’on demande à Jean-Louis Garcia, président de la Fédération des Apajh pour quelle raison il a accepté d’ouvrir la conférence-débat marquant le coup d’envoi de notre colloque, le 18 novembre prochain, la réponse est simple : « Il y a trois choses. D’abord, l’intérêt pour le colloque lui-même. Ensuite, c’est une façon de reconnaître l’existence du Gecac qui a répondu à des besoins et des attentes alors que la Fédération aurait dû y répondre. J’aimerai donc que les liens entre le Gecac et la Fédération soient renforcés à l’avenir. Et pour finir, j’aime beaucoup de système de mise à disposition de personnel de remplacement avec de la formation en plus (Gecac-Tremplin, NDLR). Je voudrais m’en inspirer pour en mettre d’autres en place. Il ne s’agit pas de déposséder le Gecac qui peut faire beaucoup de choses à distance mais la mise à disposition du personnel remplaçant est vraiment à créer en lien avec un bassin d’emploi. Les personnes qui sont recrutées sont des gens du coin et ça, vraiment, c’est intéressant ».

En effet, les associations du médico-social sont de grands pourvoyeurs d’emplois et pourtant, les moyens qui sont mis à leur disposition se réduisent comme peau de chagrin. Sur le sujet de l’optimisation des prestations au regard de la raréfaction des sources de financement, Jean-Louis Garcia fait un constat intangible : «  Bien sûr il y a certainement des choses que l’on peut revoir, on peut sans doute gratter çà et là mais bon, avec des enveloppes budgétaires de plus en plus maigres, on voit bien  que c’est la prise en charge qui va en pâtir. Nous, nous voulons continuer de fonctionner selon le principe de la solidarité nationale. On ne va quand même pas faire l’aumône à la sortie des églises ! »

« La solidarité n’est pas la préoccupation première de ce gouvernement »

Cette énergie à rappeler, à sa façon, les valeurs du socle fondateur sur lequel la Fédération et les associations départementales Apajh reposent, Jean-Louis Garcia la met aussi à prévenir : « Il y a un vrai combat politique à mener, c’est certain. Il faut quand même dire qu’aujourd’hui, le handicap n’est pas la préoccupation première de ce gouvernement. La solidarité n’est pas non plus la préoccupation première de ce gouvernement et la solidarité est encore moins la préoccupation première de notre Président de la République ! »
Et ce n’est pas l’accent méridional du Président Garcia qui peut adoucir sa volonté de maintenir le militantisme au sein de la Fédération. Cela, tout en maintenant le travail avec le législateur. « Les cadres juridiques évoluent mais pas assez. Nous devons travailler avec la majorité et l’opposition parlementaire pour faire en sorte que les choses évoluent. Il nous faut argumenter. »
Pour argumenter, la Fédération des Apajh compte bien renforcer son identité et devenir un interlocuteur de choix pour ce qui est des grands textes d’orientation sur le handicap. Pas question de se fondre systématiquement dans des collectifs d’associations ou des appels nationaux comme ceux qui ont été lancés dernièrement. Fière de son histoire et de son indépendance, elle préfère s’adapter sans trahir ses idées. Ainsi, elle va mettre en place des outils et des hommes pour être au premier plan lorsqu’il s’agira de répondre aux appels à projets. « Avec la nouvelle procédure, il n’y a plus que soixante jours. C’est extrêmement rapide », commente Jean-Louis Garcia qui souhaite donner toutes les chances aux associations départementales de faire preuve de réactivité. « Il faut des gabarits de documents et des personnes –salariés- qui effectuent sans cesse un travail de veille. Les associations doivent pouvoir jouer sur la légitimité acquise par le travail de terrain qu’elles fournissent et trouver un appui logistique et de conseil auprès de la Fédération. Ce serait dommage de laisser passer des projets faute d’avoir le temps d’y répondre ».  L’Apajh se réserve malgré tout le pouvoir de non. « On voit qu’il y a des appels qui ne sont pas tenables par rapport à la qualité de prise en charge que l’on veut. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à refuser. »

Il est bien évident alors, que face aux ARS, la Fédération veut être représentée au mieux, avec les associations départementales, afin de poser les jalons d’une relation stable et pérenne dans laquelle son exigence pourra être entendue. « On ne sait pas quelles seront les demandes ni les attentes réelles des ARS par rapport à nous », lançait un membre de l’assistance lors des réunions territoriales de Montluçon. Et Jean-Louis Garcia de remarquer que la réorganisation interne permettra de mieux gérer toutes les éventuelles demandes : « On sent bien que cela suscite des réticences, ce n’est pas simple. Il faut organiser les choses avec notre histoire, nos valeurs mais il faut le faire. »

La préoccupation des associations est sans doute à la hauteur de l’enjeu. La solution, dans l’immédiat, est tout simplement de véhiculer l’image d’une organisation fiable afin de rassurer ce nouvel interlocuteur dont ne sait pas encore jusqu’où iront ses prérogatives et compétences. Surtout si les conseils généraux venaient à disparaître.

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